Accueil Fleche-texte-grisBillets Fleche-texte-gris "Avant-propos" Wallonie-Bruxelles Inventaires # 2 2013-2016
Billets
Date de publication
24/10/16

Auteur(s)
Xavier Lelion et Anne Sophie Nottebaert

Référence bibliographique
Architectures Wallonie-Bruxelles Inventaires # 2 Inventories 2013-2016

Lien
www.wbarchitectures.be/fr/publications/Architectures_Wallonie-Bruxelles_Inventaires___2_Inventories_2013-2016/516/
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"Avant-propos" Wallonie-Bruxelles Inventaires # 2 2013-2016

Depuis sa parution, la publication Inventaires est une occasion de relever, évaluer et rendre compte de l’architecture et de ses auteurs en Wallonie et à Bruxelles.
 
La période 2013-2016 a été marquée par la présence de nos architectes dans les médias en Belgique et à l’étranger. Publications, expositions, participations saluées dans les biennales… La confiance en nos auteurs de projet s’installe. Ce regard porté depuis l’extérieur nous parle d’une architecture engagée, à budget plutôt bas, et bien construite. Ce rapport à une certaine éthique au service du commanditaire est souvent mis en avant. La dynamique se concrétise par l’ouverture à des architectes internationaux avec lesquels il est important de rivaliser.
 
Au cours de cette période de remise en question (internationale), nous cherchons les pistes pour l’avenir. Comment donner forme et produire une architecture «en phase» avec les défis sociétaux, environnementaux et formels?
 
Nous avons tenté d'orchestrer notre inventaire par la pluralité des sources documentaires, des témoignages récoltés, mais aussi par des regards d’auteurs de différents médias que sont l’écriture, le dessin, la bande dessinée, la photographie, à l’instar des nouvelles formes de journalisme que sont «le 1», les mooks tels que Revue XXI, 24h01 ou Médor chez nous.
 
Comme directeurs d’Inventaires #2, nous nous sommes concentrés sur le construit pour que l’investigation de terrain, la confrontation à la réalisation et le témoignage de la réception de l'architecture par les utilisateurs soient possibles. Dès lors, les activités éphémères (conférences, expositions…) ont été écartées; une autre condition pour être repris dans l'inventaire étant que l'architecte relève de l'Ordre francophone des architectes.
 
La Cellule architecture, qui promeut une architecture d’auteur par la mise en place de procédures d’accès à la commande publique, et Wallonie-Bruxelles Architectures, qui promeut à l’international les architectes belges francophones, font ici le choix d’une direction éditoriale sur la même base. C’est un appel à projets où les intentions et la «manière de faire» (Jacques Rancière, 2000) sont définies aussi bien au niveau de la méthodologie du recensement des projets que pour la publication. Il faut saluer cette prise de risque des commanditaires qui invitent à l’ouverture expérimentale vers d’autres médias et vers d’autres auteurs qui sont hors du champ classique de l’architecture.
 
Comme pour le précédent Inventaire, les projets présentés dans l’ouvrage sont issus d’un recensement large. L’attention s’est notamment portée sur le type de commande et les rapports entre architectes, maîtres de l’ouvrage et occupants. Ce recensement, qui a représenté une part importante de notre travail, a généré les observations partagées dans certains textes et commentaires du jury. Il a permis de faire émerger des thématiques telles que la négociation, l’imbrication entre architecture et espace public qui sont reprises dans l'exposition présentée conjointement à la parution du livre. La démarche empirique au cœur de ce recensement fut donc très productive et riche d’enseignements.
 
Inventaires #2 (la troisième édition après Inventaires #0 et Inventaires #1) reprend le fil là où se terminait le précédent, inspiré par l’exhortation de Françoise Fromonot qui appelait à revoir la critique architecturale en proposant une analyse plus complète, donnant des clés de lecture de divers ordres. Une critique qui n’aborde pas uniquement le point vue de l’architecte, mais qui prend en compte des analyses et témoignages multiples, ce qu’elle formule comme suit, soulignant l’intérêt de la méthode et de la forme en recherche:
 
« […] C’est cette manière de considérer l’architecture qui prévaut en général dans la critique, fondée sur l’exposé, l’interprétation et éventuellement l’évaluation de la stratégie du maître d’œuvre au regard du site et du programme. Elle [...] se pratique plutôt dans les revues professionnelles, surtout lues par ceux qui y sont publiés : les architectes. […] Elle néglige le plus souvent d’alimenter son propos par des faits et arguments issus d’autres registres que celui qui lui semble à tort ou à raison le plus naturel: le commentaire du projet. Non que cet exercice-là soit inutile, il peut rendre justice au rôle et à l’apport d’une profession érodée. [...] La réponse ne peut être univoque à une question qui appelle la polyphonie.»
 
L’idée plusieurs fois mise en avant qu’un inventaire est un instantané de la production dans un territoire (Inventaires #1, prix Belge pour l’architecture A+) n’est donc pas tout à fait adaptée à cette édition-ci. Si l’on poursuit l’analogie avec le vocabulaire de l’image, notre inventaire s’apparente plus au plan-séquence par sa durée. Un plan-séquence scandé en deux mouvements, le recensement, classement ponctué par le jury international (octobre 2015-février 2016), et, ensuite, les commentaires du jury qui passe le témoin aux contributeurs (écrivains, photographes et auteurs de BD) pour vous en proposer une lecture personnelle (février 2016-octobre 2016).
 
Extrait de l'avant propos rédigé par Xavier Lelion et Anne Sophie Nottebaert

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