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Billets
Date de publication
28/03/12

Auteur(s)
Audrey Contesse

Référence bibliographique
"Foreword" in Belgian architecture beyond Belgium, p. 30

Lien
www.wbarchitectures.be/fr/publications/Belgian_Architecture_Beyond_Belgium/74/
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"Peut-on parler d'1 spécificité belge de l'exportation de l'architecture ?"

[…]

"Une autre question mérite d’être posée et en induit une nouvelle, à savoir quelle est la spécificité belge en matière d’exportation de l’architecture et plus avant, s’agit-il de l’exportation d’une certaine pratique architecturale ou de l’image même des architectes ? Dans son introduction à cette édition spéciale, Johan Lagae, universitaire de Gand, retrace l’histoire de l’exportation de l’architecture belge depuis le XIXe siècle et soulève la question de savoir s’il s’agit d’une «histoire de grands noms». Sur le plan international, en effet l’architecture belge n’a jusqu’à présent jamais été synonyme de grands noms promus à l’étranger avec l’appui des autorités gouvernementales. La partie de la table ronde intitulée «Around the table» a dégagé la même conclusion: « Notre produit d’exportation est notre savoir-faire plutôt qu’un style spécifique ». L’explication sous-jacente de ce phénomène est plutôt complexe. Il est vrai que les architectes belges restent généralement humbles et modestes face à leur travail: ils préfèrent se concentrer sur l’essentiel. Parallèlement, il faut bien admettre que, d’une part, les Belges s’identifient rarement avec leur architecture et que, d’autre part, depuis certainement une trentaine d’années, les hommes politiques ne sont pas parvenus à percevoir le potentiel réel de ce sujet difficilement identifiable. Il n’en reste pas moins vrai que les architectes belges qui souhaitent prendre leur envol par-delà les frontières nationales ne dépendent que d’eux-mêmes et de leurs réseaux économique, culturel, universitaire ou personnel. La décision de travailler à l’étranger découle, pour certains, d’une volonté de diversifier le portefeuille de leur entreprise afin d’augmenter leur chiffre d’affaires alors que pour d’autres, l’exportation est synonyme de commandes intéressantes ou peut représenter une porte de sortie au marché national saturé. Quant à l’origine de l’exportation belge de l’architecture, il s’agit avant tout d’une évidence: en tant que petit pays, nos regards se sont toujours tournés vers l’étranger. Un constat tout aussi évident explique une autre spécificité de l’architecture belge : la tendance à explorer le potentiel étranger et à le combiner avec la maîtrise technique belge plutôt que de mettre en œuvre un projet « belge » sur le sol étranger. Cette considération pour la culture locale peut soit s’intégrer par le biais du client soit par le biais d’une entreprise d’architecture locale, avec laquelle il semble nécessaire de s’associer afin de mener à bien un projet sur la scène internationale. Certains partenaires possèdent en effet un savoir particulier alors que d’autres connaissent parfaitement les traditions architecturales locales et les formalités administratives."

[…]


"Foreword" in,
Belgian architecture beyond Belgium, p. 30.


Audrey Contesse est historienne de l’art et architecte. Actuellement rédactrice en chef de A+, revue belge d’architecture, elle a travaillé par le passé en tant qu’architecte dans plusieurs bureaux en Suisse, aux États-Unis et en Belgique. Elle est également critique et a notamment été publiée dans Werk, bauen + wohnen, Bru, et L’Art Même. En 2009, elle a organisé une série de films et de conférences sur le paysage et les architectes paysagistes en Belgique intitulée 5/5 à l’ISELP, l’Institut Supérieur d’Étude du Langage Plastique à Bruxelles. Elle a également été co-chercheuse sur le projet Usus/Usures pour le pavillon belge à la biennale architecturale de Venise en 2010. Elle siège régulièrement dans des jurys d’architecture pour évaluer le travail d’étudiants et de professionnels.

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